L’eau reprend ses droits en Camargue

Le Conservatoire du littoral restaure depuis 2008 les étangs et marais des salins de Camargue, redonnant ses droits à la nature.

Façonnée depuis des siècles par la main de l’homme, la Camargue change de visage, sur fond de montée du niveau de la mer.

Dans ce coin de Camargue, les sansouïres avaient disparu. Ces vastes étendues caractéristiques du delta et parsemées de salicornes, dessinant comme une pelouse à raz de l’eau ou de petits bouquets sombres et touffus. « Elles sont revenues très vite, c’est vraiment émouvant, confie Marc Thibault, qui travaille à la Tour du Valat, institut de recherche de référence sur les zones humides méditerranéennes. C’est un peu cliché de dire ça, mais on retrouve les paysages emblématiques du film Crin blanc.»
Il n’y a pas si longtemps, avant que les Salins ne vendent une partie de ses terrains au Conservatoire du littoral (lire les repères), il n’y avait pas de végétation à cet endroit, au nord d’une zone appelée les étangs et marais des salins de Camargue. Pour les besoins industriels, on avait inversé le cycle hydraulique naturel : les parcelles étaient en eau l’été, pour la précieuse récolte de sel et asséchées l’hiver, pour protéger les ouvrages et limiter l’apport d’eau douce. « Certes, il y avait de nombreux flamants roses, qui trouvaient de quoi manger dans la vase ; mais beaucoup d’oiseaux ne se montraient plus guère »,poursuit Marc Thibault. Jumelles à la main, ce dernier scrute les espèces de retour, plus discrètes, plus furtives, mais bien là : des gravelots, des fauvettes à lunettes, des bergeronnettes printanières, ou encore des avocettes que l’on reconnaît à leur fin bec recourbé.

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La Croix – Article de Marine Lamoureux du 22/02/2018 – Lire l’article complet >>

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