L’ATTEINTE ILLEGALE A DES ZONES PROTEGEES

Le tracé V6 saccage des zones qui devraient être sanctuarisées. Il est de ce fait voué à la condamnation des juridictions nationales et internationales.

Dossier :  RICHESSE ET DIVERSITE DE LA FAUNE ET DE LA FLORE MENACEES

Du point de vue international, le projet litigieux traverserait des zones humides protégées au titre de la Convention de Ramsar. Il convient également de rappeler que la Réserve de Camargue a été reconnue Réserve de Biosphère par l’Unesco dans le cadre du Programme Man and Biosphere.

Du point de vue communautaire, la zone d’étude comporte de nombreux sites naturels protégés, dont plusieurs reconnus d’intérêt communautaire par les Directives Oiseaux et Habitats, s’inscrivant dans le cadre du réseau Natura 2000.

A cela s’ajoute, au plan national, l’existence de nombreuses espèces végétales et animales protégées par la réglementation.

Le site retenu est également remarquable en raison de l’existence du Parc Naturel Régional de Camargue, des zones naturelles d’intérêt faunistique et floristique, ainsi que de zones protégées en application des dispositions de la Loi Littoral.

C’est ainsi que la Camargue est un refuge pour une espèce de chiroptères courante il y a 50 ans en région PACA et aujourd’hui en fort déclin, le Grand Rhinolope.
Télécharger le plan en faveur des chiroptères de PACA >>

Plus particulièrement, en 2010, lors de la révision de la charte, le territoire du Parc a été volontairement amputé de plus de 2000 ha dans les secteurs de Gimeaux et du Clos de Couvet, pour ne pas empiéter sur le fuseau retenu lors des études préalables. De même, plus à l’Est, le marais des Chanoines n’a pas été proposé au classement en Parc, pour ne pas compromettre la réalisation du projet autoroutier, malgré les demandes du Conseil National de Protection de la Nature. Le projet tel qu’envisagé en sera néanmoins la limite sur 18 kilomètres.

La réalisation de ce projet aura également pour effet de porter atteinte à la nappe phréatique de la Crau qui alimente plus de 200.000 personnes en eau potable.

Le tracé traverserait 4 zones "Natura 2000", la Crau, le petit Rhône, la Camargue et les marais de la vallée des Baux et marais d'Arles

Les graves obstacles hydrauliques

Le bouleversement d’un système hydraulique hyper fragile

Si le projet V6 a été si longtemps écarté par les experts c’est qu’il est ravageur sur le plan de la biodiversité et qu’il méconnait la réalité géographique et géologique du secteur qu’il traverse.

Quelle que soit la volonté de toute puissance des ingénieurs et des élus locaux, celle-ci ne peut rien contre la réalité de la terre et des eaux qu’ils souhaitent asservir.

Tous les experts reconnaissent que le coulage de 30kms de béton dans cette partie du pays d’Arles va irrémédiablement et définitivement bouleverser l’équilibre hydraulique et générer des risques couplés d’inondations et de désertifications.

Comment concevoir une autoroute dans des zones inondables ?

La totalité du tracé V6 est classée en zone inondable par le Plan de Prévention des Risques Inondation (PPRI) de la commune d’Arles, approuvé par arrêté préfectoral du 3 février 2015.

La construction de l’autoroute et de ses aires de repos et de services est ainsi fortement remise en cause.

Ces ouvrages, qui ne pourront plus être construits en remblai comme prévu, vont devoir faire l’objet de nouvelles études de faisabilité en vue de l’édification d’un viaduc géant, générant :

  • la défiguration définitive de tous les beaux paysages du sud d’Arles et qui sera visible depuis de nombreux monuments historiques de la Ville d’Arles et de sa région,
  • des coûts rédhibitoires pour la collectivité, 
  • de nombreuses difficultés techniques rendant aléatoire la durée du chantier (qui a toute chance de s’enliser dans les marais qu’il traverse…)
  • des nuisances insupportables pour les malheureux vivant ou travaillant à proximité.

La pollution certaine de la nappe phréatique de la Crau

Le titanesque chantier de réalisation puis la mise en exploitation de l’autoroute et des aires de repos adjacents génèreront mécaniquement des ruissellements d’eaux pollués par les hydrocarbures.

Ces eaux toxiques s’infiltreront dans la nappe phréatique locale et les sols.

Or, le 20 janvier 2017, le Contrat de la nappe de Crau a été signé par plus d’une cinquantaine d’agents administratifs et acteurs locaux dont le Préfet, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, les collectivités locales, les acteurs économiques (agriculteurs, industriels…), les associations de protection de l’environnement…

Il est question d’un programme d’actions en faveur de la préservation de la ressource en eau souterraine, comprenant pas moins de 70 actions à conduire sur 6 ans (2016 à 2021). 

Cette mobilisation collective vise à maintenir une eau en qualité et quantité suffisante pour satisfaire les usages humains et économiques du territoire et pour les besoins écologiques qui font la richesse des paysages de la Crau.

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